jeudi 29 octobre 2015

Vers le sud de Laurent Cantet.


 

Il ne serait peut-être pas vain, en reprenant l’histoire de ce chemin où nous mène Vers le sud, de ne pas perdre complètement le nord. Car somme toute, le nord c’est bien le lieu de notre résidence habituelle, et de toutes les hégémonies.

Nous aurions peut-être tout intérêt à comprendre d’abord le grand écart exotique qu’il nous joue, notre nord, ici même, à domicile, sur les questions refoulées  de la psychogenèse et du sexuel, du désir et de son objet, de la pulsion et de son destin, de la jouissance et de notre socialité hypnotisée par le spectacle et la marchandise. Nous verrions peut-être mieux, ainsi assuré de ce bagage de savoir local, s’il est opportun de nous engager comme ces femmes dans des voyages lointains,  coûteux, et au fond si peu exotiques.

mercredi 28 octobre 2015

Descriptions de Christine Lapostolle : Michel, psychanalyste.


Préambule. Longtemps, j’ai eu quelques difficultés pour répondre à la sempiternelle question :
- Vous êtes psychanalyste, quel métier passionnant ! ...
Mais de quelle formation êtes-vous ? 
Il m'aurait fallu annoncer médecin-psychiatre de formation, pour être au sommet de l'acceptable, mais je n'étais que philosophe. Alors je m'amusais à des parades qui, faites d'humour dans un premier temps, devinrent peu à peu de sérieuses revendications. J'étais tour à tour plombier-zingueur de formation, boucher-charcutier de formation ou bien boulanger-pâtissier de formation.
...

http://www.christinelapostolle.fr/mes_descriptions/022_michel_description.html

 

mardi 27 octobre 2015

Il y a une éternité.





Nous venions de l’accompagner vers sa dernière demeure. J’attendais que la foule silencieuse s’éloigne. Je voulais rester seul à ses côtés. Lui dire sans chuchoter que je l’aimais encore.

Lorsqu’en fin d’après-midi je le quittais, avec pour seul compagnon le craquement de mes pas sur le gravier blanc des allées, les tombes innombrables et proches comme des bateaux au port ondoyaient à la brise qui doucement annonçait la fraîcheur du soir.

Baby blues.



« Tu la vois ? Tu la vois toujours ? Tu la vois encore, et hop, tu ne la vois plus ! »
 
 
 

Et il y eut comme un grand bruit de gamelle. Une sorte de bling-bling populaire. La petite balle de liège avait bel et bien disparu dans un ultime coup de barre. Je regardais mon bourreau et sa figure de mauvais songe. Lentement, très lentement, ce sadique tirait vers lui la dernière pastille bleue qui marquait le score. Elle officialisait la fin de la partie et remballait mon désir de victoire.

vendredi 16 octobre 2015

Au 5 rue d'Lille Paris 7ème.


 
 

J’en ai bavé des escargots à la Calèche, des ronds d’chapeaux dans les silences au 5 rue d’Lille.

Je venais d’loin.

Du fond d’un trou

Entre Bunzac et Saint-Sornin.

Pays des fous, pays du vin, pays des gens qu’ont pas d’chagrin.

jeudi 15 octobre 2015

Pouet pouet tagada tsoin tsoin.


Reflets.

Vive est la rose, esquisse
De tes lèvres, posée
Sur la nappe de dentelle
Et la table patinée
Des jours de l'absence.
Pétales, pommettes rosées

mardi 13 octobre 2015

Trilogie parisienne.


Un dîner en ville (I)


Il était deux ou trois heures du matin. Je ne sais plus. Les rues du Quartier Latin fumaient encore des affrontements de la veille. Quelques CRS déambulaient à la recherche de leurs fourgons malmenés par les manifestants. Sur la chaussée, des pavés épars interdisaient toute circulation. Des jets sporadiques laissaient entendre des bris de vitrines. Des ombres couraient le long des murs. Paris Capharnaüm retenait son souffle. La France entière s’apprêtait à jouer la partition de cette exubérance.