lundi 12 octobre 2015

Nativité cinquante et quelques.






Ma trilogie personnelle des romans de Lionel-Edouard Martin s’achève avec la lecture de Nativité cinquante et quelques. Après Mousseline et ses doubles, Anaïs où les Gravières, une lecture donc à contre-courant du temps de l’écriture. Mais qu’importe ce peu d’attention à l’idée d’une chronologie tant il me semble que la temporalité joue dans l’oeuvre de Lionel-Edouard Martin une toute autre partition que celle d’une durée bien tempérée.

Le temps me paraît plutôt se présenter à notre attention sous la figure des êtres donnés à se saisir sous les figures du style, l’être de la langue. Je ne crois pas faire injure à l’imagination de Lionel-Edouard Martin en disant que le personnage principal de ces trois romans est la langue elle-même, les personnages son prétexte.

Nativité cinquante et quelques offre une palette de personnages comme autant de couleurs stylistiques où s’exerce la quête, dans le creuset de la langue, du devenir écrivain. Alors même que la littérature actuelle donne plutôt à lire le mépris de cette impérieuse tentative, noyée dans le flot des histoires, contes et fabliaux de substitution… à la vie elle-même.

Jean Dieu, Maît’ Louis, Ma Filleule, Mon Filleul et Bout de Zan (ces nominations improbables) ne paradent comme de fiers Artaban qu’en quête, dans la nuit du monde, d’une lumière dont ils sont, dans la main de l’auteur, le reflet.

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